L’art de la chasse

Inversons les rapports de force afin de prendre une certaine distance par rapport à ce que l’on croit être soi. Tout d’abord, quittons cette illusion d’un monde prédateur où l’être humain serait une proie des forces invisibles, prêtes à lui dévorer le cœur au moindre faux pas. Prenons notre envol et empruntons les courants ascensionnels afin, dans un premier temps d’avoir une vue d’ensemble des structures en place.

Combien de fois entendons-nous ou lisons-nous que nous sommes enfermés dans une matrice gardée par des êtres ignobles dont le but est de nous réduire en esclavage ? Il n’y a qu’à se rapprocher de notre histoire pour bien ressentir la force de ce magnétisme. En effet, si l’on observe l’histoire de notre humanité jusqu’à maintenant, ces rapports de force ont dominé la psyché humaine et leurs nombreuses illustrations historiques, culturelles, religieuses, sociétales ne sont que le fruit de cette illusion savamment mise en place.

Pas étonnant d’ailleurs qu’au moment où l’on parle d’une sixième humanité, l’on assiste à une sixième extinction de masse des espèces ! L’être humain s’est défini comme maître du monde car il a été soumis à sa propre création. Dès lors, il est un peu trop facile de se mettre à genoux et de chialer tous les saints dans le ciel en les blâmant de notre pauvre condition terrestre. Ah, la paresse, cette chère amie dans laquelle on aime se lover.

Comme il est aisé de vivre dans un enclos. Jusqu’à notre mise à mort qui se fera dans les abattoirs de notre inconsistance, chaque matin et chaque soir, on nous donnera à manger et à boire, on nettoiera notre litière et on se vautrera dans le confort d’une vie absente à elle. Mais enviable.

Sérieusement, auriez-vous envie d’autre chose ? Galoper dans les steppes infinies ? Risquer votre vie à chercher une nourriture plus rare mais plus savoureuse ? Vous blesser devant un obstacle ? Ou défier la morsure d’un prédateur affamé ? 

Non, non, non ! Rien de tout cela ! Toutefois, une chose est bonne à savoir: s’il y a une entrée, il y a forcément une sortie. Alors, affûtons chacun de nos sens et devenons le chasseur.

Tout d’abord, je vous invite à ouvrir les yeux : en lieu et place d’un regard bovin et placide, assumez la puissance de votre esprit et virez ces lunettes qui vous font voir la vie en rose ou en noir. Soyez  votre vision, aussi claire et perçante que celle de l’aigle.

Ensuite, parcourez l’espace de vos territoires intérieurs et, un à un, débusquez tous les programmes qui le composent. Voyez dans quelle mesure ces derniers vous ont servis, vous servent encore ou ne vous servent plus. Peu importe les choix que vous ferez quant à les maintenir ou pas, il faut déjà les voir et en prendre acte.

La domestication est ancienne et ce que vous croyez être vos attributs naturels n’est au final qu’une suite de manipulations et d’alliances dont certaines extrêmement subtiles. Vous aurez également besoin d’un flair sans faille car ces programmes sont devenus structures. Ici, point de promenade estivale aux parfums fleuris mais une course semée d’embûches qui aura l’heur ou le malheur soit d’endurer votre système, soit de le faire renoncer pour un temps.

Ce n’est pas grave. On pourra toujours y revenir et réessayer. On apprend.

Les flèches de la pensée et de votre conditionnement à tous les niveaux, des plus hauts aux plus bas, pleuvront sur vos corps et vous devrez apprendre l’esquive pour mieux bondir, les attraper une à une et les briser sous la force de votre volonté.

A cela s’ajouteront des périodes de disette où l’envie de fin creusera vos entrailles. Les hurlements à la mort peupleront vos nuits sous l’éclat d’une lune froide et lointaine. La solitude vous fera regretter la douce chaleur de votre écurie et la présence de vos congénères.

Rien de grave ici non plus. Ce ne sont que des impressions. Après tout, il n’est pas impossible que vous fassiez de nouvelles rencontres, qui elles aussi se placent sur des chemins de traverse.

Et puis, à force de mutations dans l’espace qui redeviendra vierge mais qui vous fera encore croire que vous êtes trop faible pour l’habiter, il s’en viendra un jour, une aube proche ou lointaine. A gorge déployée, installé au sommet de votre esprit, vous rirez de votre intelligence. Au loin, s’activeront les gardiens à refermer les portes d’une prison qui n’existe plus pour vous.  Un vrai ninja de la conscience !

Enfin, quand vous en aurez marre de toute l’âme qui vous pollue, marre des métaphores animales, qu’elles soient domestiques ou sauvages, vous pourrez quitter la personnalité du chasseur et embrasser quelque chose de plus réel, seul connu et su de vous-mêmes.

6 commentaires sur « L’art de la chasse »

  1. Bonjour.
    Quel texte énergique, percutant ! Merci
    Je découvre votre site grâce à Pierre-Luc de 6ème fondation.
    Vous abordez le sujet de la matrice. J’ai eu un temps où je me suis dirigée vers cette croyance. C’était confortable tout en étant étouffant. Je suis même encore sur des forums où on en parle. Et, c’est un vrai psychodrame pour beaucoup de personnes qui ne veulent pas qu’on les détourne de leur croyance. Parce que l’homme a besoin de sentir des murs autour de lui, même ceux d’une prison. Ça le rassure. Et des prisons, il s’en est créé beaucoup. La religion est une prison émotionnelle, la matrice est un prison psychique, comme pour certains la matière est une prison physique, etc… Nous en avons beaucoup de prisons !
    Voilà pourquoi, on peut y croire un moment, mais il faut vite en sortir, sinon on reste bloqué dans l’illusion de cette matrice et on tourne en rond dans notre cellule.
    Au plaisir de vous lire.

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    1. Commentaire très pertinent Nicole Rose, merci. Les adeptes de « théories du complot » (je suis passée pas ce stade) sont si proches d’abattre un mur supplémentaire, mais les Gardiens de seuil de conscience sont puissants, l’illusion de leur puissance est grande. Le mensonge cosmique à tous les étages, de plus en plus vicieux et subtil … et beaucoup n’osent pas s’aventurer plus loin. Plonger au fond de sa propre puissance c’est flippant, vu le travail immense qui fut accompli pour qu’on l’abandonne. Tel un Boomerang Cosmique : la Volonté reviendra !

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  2. Merveilleux article. Moi aussi je me disais que ce genre de contenu sera le Grand Remplacement d’une bibliothèque nauséeuse intitulée «développement personnel» [égoïque] qui détruit plus de volonté et d’identité qu’il n’en développe.

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