L’imaginaire : siphon d’énergie ou force créatrice ?

Certains d’entre nous se rappellent bien cette petite phrase assénée à maintes reprises lorsque nous étions à l’école : « Ah, encore dans la lune ! » Puis dans les bulletins trimestriels : « Bonne élève mais a de la difficulté à rester concentrée et présente. » Ou quand l’absence à la vie est le meilleur remède pour supporter la vie qu’on nous impose. Cependant, ces délateurs de bonne conscience réaliste auraient tort de croire qu’il ne se passe rien.

Il se crée dans la psyché des univers absolument extraordinaires, peuplés d’amis imaginaires, de créatures fantastiques, d’anges, de démons, d’histoires plus rocambolesques les unes que les autres. Un monde de couleurs et de visions tellement addictif qu’il devient le meilleur allié de notre intériorité. Progressivement, ces mondes fusionnent avec l’être et lui créent une personnalité non dénuée de charme bien que désarmante et difficilement atteignable par la matérialité de notre monde.

L’imaginaire si bien nommé,  source de tous les bienfaits dans un premier temps se transforme rapidement en cauchemar au fil du temps et l’on se prend à rêver une vie  qui nous fait cruellement défaut.

Combien de fois  l’on se dépêche de quitter une conversation bien chiante pour se réfugier dans son petit paradis personnel, lieu dans lequel nous attendent des êtres qui font preuve de compréhension, d’amour, de bienveillance.

Combien de lectures dévorées dans le silence où le temps d’une narration, nous échappons à la réalité de notre vie quotidienne et, quand les pages du livre se referment sur un soupir de satisfaction, nous voici déjà prêts à nous relancer sur des pistes de scénarios encore inexplorées.

Comme on souhaiterait habiter ces mondes merveilleux et grâce au pouvoir de la pensée, se transformer en Gandalf pour mener une quête digne des plus grands héros ! Beaucoup mieux que d’ouvrir sa boîte aux lettres remplies de factures, n’est-ce pas ?

Les ouvrages de littérature fantastique remplacent la bible mais leur fonction est exactement la même. Aliéner et asservir. N’allons pas trop vite. Au jour succède la nuit. Et là, aussi, il se passe des choses. Pas toujours sympas. On passe à un autre niveau : sorties de corps, rencontres du troisième type  et tout le bestiaire que l’inconscient collectif a érigé en croyances.

Ce n’est pas suffisant. On continuera à alimenter ces mondes : on y est entrés à pieds joints et comme on nous a dit qu’on était des êtres multidimensionnels, on en remet une couche. Cette fois, on va construire ses voyages et se promener beaucoup plus consciemment, croit-on  dans ces mondes qui nous apparaissent plus structurés. On est rassurés. Ils existent vraiment. Là, on s’en va à la rencontre des reptiliens, des pléiadiens (pas de majuscule pour eux) des gardiens de portes machin truc, bref, de tous ces chiens qui ne nous ont pas encore montré leurs crocs.

L’impression de l’imaginaire se transforme en un paradigme où ceux qui ne rêvent pas sont les salauds qui font couler notre planète.

Enfin, il vient un temps où le tourbillon devient tellement dense qu’il achève de nous séparer des autres et surtout de nous-mêmes. On commence à comprendre que les promesses, toujours les mêmes, ne se réaliseront jamais et, face au désastre de notre vie, on ose chuchoter qu’on s’est bien foutus de nous. On en viendrait presque à regretter de ne pas être un bon vieux pragmatique, rationaliste, mécanicien dans l’âme.

La monstruosité du truc, c’est que les forces involutives travaillent à tous les étages, à tous les niveaux et l’imaginaire au sens large est l’une de leurs colonies privilégiées.

Un enfant vit un traumatisme. Incapable de le surmonter de manière intelligente parce que personne ne lui a donné des outils pour le faire, il peut se réfugier dans l’imaginaire pour pouvoir supporter la violence et l’horreur de ce qu’il a subi. Malheureusement, il ignore qu’il est tombé dans un piège et que plutôt d’habiter son corps, sa présence, sa vie, il devient le steak des plans mémoriels et involutifs.

Se débarrasser de l’imaginaire ? Plutôt comprendre les mécanismes involutifs qui lui sont associés et le mettre au pas. Ce n’est pas aux visions, à l’imagination de guider. Par contre, c’est de notre ressort d’utiliser cette fréquence afin de la rendre créative dans tous les aspects de notre vie terrestre.

Quitter le passif et devenir actif. A partir de là, le mouvement s’inverse, la fuite cesse et l’action, la décision, la volonté permettent de mettre en mouvement des images qui sont à notre service, alliées de notre puissance créatrice.

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