L’aube solaire

L’arrivée sur Terre naît dans l’obscurité la plus totale. Les premières respirations amènent l’esprit à se mouvoir, dans un espace restreint, clos, dépendant. Pour pouvoir exister, il a besoin d’informations qui appartiennent à cette planète, à ses mémoires, à son collectif.

L’âme entre en jeu et se développe avec le corps, au fil de la croissance, au fil des apprentissages, au fil des expériences pour devenir prégnante, dominante, toute puissante. Elle devient l’ombre, l’amie qui séduit, attire, repousse, rejette, manipule et affirme qu’elle est notre seigneurie.

Tous la croient et la révèrent comme le plus précieux des trésors. Inconnue et mystérieuse, elle fascine, elle enracine et décline ses attributs avec passion, désirs, pertes et fracas. Elle joue différemment selon l’être en présence.

Pour la femme, elle prend plaisir à lui faire miroiter dans le berceau de sa conscience l’idée d’un amour qui devient obsession. Elle aime jouer et rejouer les mêmes scénarios avec tant de force et de persuasion qu’il devient impossible d’y échapper car elle connaît le corps et les désaccords.

Maîtresse de l’illusion, elle n’a de cesse de s’asseoir sur un trône régi par des lois appartenant à des royaumes qui échappent à son arrogance. Elle est jouée, trompée et enchaînée aux velléités de sa condition, n’a d’autre échappatoire que chuchoter : encore et toujours. Si besoin, elle n’hésitera pas à utiliser toutes les armes, âmes alliées dans le tourbillon infernal de la vie afin de répéter à l’envi les mêmes notes d’une mélopée ancestrale. Jolies berceuses de l’enfance.

Quand l’amour, celui tant attendu ne s’en vient pas, lorsque les apparences n’arrivent plus à se sauver, on est harassé d’atteindre un sommet qu’on ne parviendra jamais à gravir, qui nous échappe pour toujours. On se retourne sur le désert laissé par des mirages d’oasis et d’abondance pour trouver derrière soi le seul et unique compagnon. Celui qui a la révérence de ne point importuner, celui qui attend qu’on le trouve. Présence dans l’absence.

Volupté d’une douleur qui n’en finit pas, sa voix se fait entendre. C’est un silence dans la rumeur, un murmure, un torrent qui descend des plus hautes montagnes. Glacial, détestable car méconnu, on s’oppose à celui qui a causé tous ces maux. Etre son meilleur ennemi et vomir à sa face toute notre rancœur, complaintes récitées, apprises par cœur.

Plus  de place pour la mémoire, on se rend compte que son Himalaya a déjà été conquis, sur les fils tissés par les moires. Se lier à soi, à son éternité, couper les liens et continuer l’ascension en solo.

Ouvrir les yeux sur l’aube. Faire place à l’esprit, au soleil redouté, à celui qui réchauffera son corps transi mais qui, en d’autres occasions ne manquera pas de brûler un peu, beaucoup, parfois même à la folie.

Folie d’incarner enfin une femme réelle.

2 commentaires sur « L’aube solaire »

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